Samedi, 17 mars 2007

Parapsychologie et désinformation

*** La plus vaste désinformation de l'histoire des sciences : la mise au ban de la parapsychologie


L'intérêt du cas parapsychologique

Ce texte fait partie d'une plaquette: De la désinformation, de L'iNSTITUTE FOR SYSTEMS AND DEVELOPMENT, ISD, Genève, juin 2004. Contrairement à ce qu'on pourrait supposer, le sujet n'est pas le fait psychologique, ni son existence, mais toutes les tentatives faites pour discréditer les quelques découvertes incontestables qui prouve tout au moins l'intérêt de son étude.

Tous les ingrédients de la désinformation classique et de son corollaire, la réduction de la dissonnance cognitive, sont présents.

Les indicateurs de la désinformation sont tous au rouge :

1. La diabolisation. Son équivalent dans le milieuscientifique est la condescendance, la raillerie, le soupçon de fraude, et l'argument définitif bien qu'infondé : "ce n'est pas sérieux!", passez, il n'y a rien à voir. Les chercheurs qui a priori partent du postulat de la non-existence des phénomènes psi, se sont attribués un nom qui ressemble fort à celui d'une secte : les zététiques.

2. La dissymétrie. On reclame des chercheurs des protocoles beaucoup plus précis que ceux en vigueur dans les sciences humaines, et des coefficients de prédictabilité bien supérieurs que ceux constatés dans la pharmacologie et la médecine. Lorsque les exigences sont atteintes, on repousse artificiellement les critères d'admissibilité.

3. Les fausses symétries. On applique aux phénomènes parapsychologiques les conditions qui ne valent qu'en laboratoire pour des microphénomènes très localisés. Par exemple la reproductibilité absolue. Dans le passé, l'Académie des Sciences présidée par Fontenelle nia solennellement l'existence des météorites pour des raisons identiques.

4. L'infraction epistémologique. Les arguments des "zététiques" sont infalsifiables, ressortissant à la rhétorique du cercle vicieux. En voici un exemple : les parapsychologues ne sont pas sérieux, car leurs protocoles ne sont pas contrôlés dans des universités sérieuses. Le resultat de leurs expériences ne sont pas éditées dans des revues sérieuses, qui ne tiennent compte que des expériences effectuées dans des universités sérieuses. Les universités sérieuses ne gaspillent pas leurs budgets pour vérifier les protocoles des chercheurs non sérieux.

5. Le refus de considérer les enjeux. Il est évident que si qu'un seul des phénomènes parapsychologique était admis officiellement par la communauté scientifique, celle-ci serait ébranlée dans ses fondements, car aucune explication n'est intégrable à la vision scientifiquement correcte de l'univers.

6. Le reproche maintes fois réitéré, que même si les faits sont probants, on ne propose aucune théorie explicative pour les integrés dans un système cohérent de connaissances. Ils sont donc irrecevables.

Cet argument est tout à fait exact dans ses prémisses. Les parapsychologues, diabolisés et acculés dans le cercle infernale d'une preuve dont les critères de validité sont sans cesse modifiés par les zététiques, ne songent plus qu'à satisfaire leurs adversaires, dont ils savent pertinemment qu'ils sont de mauvaise foi. Ce qui est en jeu pour eux, n'est pas la recherche de la vérité, mais leur reconnaissance académique, qui seule peut débloquer des budgets. Ce complexe d'infériorité obsessionnelle, les rend incapables de faire le moindre travail d'imagination et de conceptualisation.

Mais l'argument zététique est anti-scientifique dans ses conclusions. Les faits sont premiers, qu'ils cadrent ou ne cadrent pas avec notre conception du monde. Il appartient aux adversaires de la parapsychologie de refaire les expériences et de se charger d'émettre des hypothèses, puisque les parapsychologues en sont incapables.

Les indicateurs de la réduction de la dissonance cognitive sont tous au rouge.

Tous les moyens sont bons pour étouffer le débat. Les phénomènes décrits par Léon Festinger, sont tous présents. Discrédit de la source, reformulation des faits, banalisation, oublis sélectifs et conspiration du silence, assimilation à des sectes et des courants de pensée peu recommandables, mensonge et diabolisation (au sens littéral du terme, les parapsychologues et les faits décrits étant rangés dans la catégorie "démonisation").

Ci-dessous j'ai reproduit in extenso le passage du rapport ISD qui traite de la désinformation parapsychologique. De larges extraits sont reproduits dans Virus.

Nous vous recommandons vivement de vous brancher sur le site de l'Institut Métapsychique International et de vous mettre en contact avec le Dr. Mario Varvoglis, son président. Sérieux et objectivité garantis. Site de l'Institut www. metapsychique.org .

Pour les zététiques, voir Wikipedia.

*** Le texte original de la plaquette ISD

On peut légitimement s'étonner du choix qui nous a conduit à aborder un domaine encore plus éloigné du management que la désinformation socio-politique des cas JFK et massacre des harkis d'Algérie. C'est qu'en prenant du recul, les phénomènes de désinformation sont de même nature et de même amplitude. Nature : existence d'une désinformation première et secondaire, des mêmes mécanismes de réduction de la dissonance cognitive; amplitude par l'importance des faits évacués par la désinformation, susceptibles de remettre en cause la vision d'une nation par ses ressortissants, la remise en question des stéréotypes les plus enracinés concernant des systèmes de valeur sociopolitiques, idéologiques ou métaphysiques. Dans les deux premiers cas, on s'attaque au politiquement correct, dans le cas présent, au scientifiquement correct.


Certes, dans le passé, l'histoire des sciences fourmille de cas semblables et nous renvoyons le lecteur aux livres de Arthur Koestler ou le dernier de François de Closets sur Einstein.

On n'ignore pas que les persécutions répétées contre Galilée ne provenaient pas du Vatican qui admettait fort bien ses théories et se contentait de la précaution oratoire "tout ce passe comme si". Elles ont pour origine l'opposition haineuse du milieu universitaire qui ne cessa d'exciter les religieux contre les tenants de la nouvelle vision, contredisant prétendument le dogme chretien du géocentrisme.

Mais à partir du XIXe siècle, l'Église perdit son influence sur le monde scientifique, ce qui n'empêcha pas l'occultation de la théorie de Pasteur, de la psychanalyse freudienne ou de la vision einsteinienne. Cependant dans le monde moderne la désinformation devait être de courte durée et ne résista pas à la démonstration de la vision théorique révolutionnaire par l'expérimentation en laboratoire. Le cas de la parapsychologie est sous cet angle exceptionnel car la désinformation s'étend sur des décénnies en dépit de toutes les démonstrations scientifiquement irréprochables provenant des universités les plus réputées.


Une autre raison du choix de ce cas, est qu'à l'instar des précédents, j'ai été un témoin direct des phénomènes de désinformation qui ont commencé à prendre de l'ampleur dans les années cinquante. Ce qui m'intéressait n'était pas la parapsychologie, mais la resistance irrationnelle qu'elle suscitait dans un monde scientifique réputé rationnel. Je l'imputais alors à un phénomène de répression de type freudien. Cette section présente à la suite de l'exposé des faits, mon témoignage et les théories explicatives proposées.


Ceux qui veulent aller plus loin, peuvent consulter le web, ils trouveront une masse impressionnante d'informations sérieuses : bibliographie, epistémologie, étude des phénomènes de rejet. Notamment le rôle exceptionnel tenu par la France est souligné par tous les experts. Ce pays est le seul dont la communauté universitaire à persiste à nier la réalité de la parapsychologie et à lui dénier un statut scientifique. Ce phénomène éminemment interessant est attribué à l'extrême conservatisme de ce pays et au vieillissement de ses mandarins. On cite à ce propos le rejet de la thèse de la dérive des continents acceptée partout dans le monde. La meilleure façon d'avoir une vue d'ensemble, sans se noyer dans la masse de publications disparates, est de lire le livre de Mario Varvoglis ou de lui demander une consultation. Les lignes qui suivent ne prétendent pas esquisser une histoire de la parapsychologie mais mettre en évidence les phénomènes de désinformation qu'elle provoque et qui sont l'objet de notre réflexion.


Définition de la parapsychologie C'est l'étude scientifique des phénomènes irréductibles à toute explication rationnelle et contredisant aussi bien le sens commun que les données supposées de la Physique. D'où la dénomination de "paranormal" qui leur est également attribuée. Étant donné qu'au départ ces phénomènes ne sont observables que dans et par le psychisme humain, on les a regroupés sous l'étiquette "psi" et leur étude nommée "parapsychologie" ou "métapsychique". Ne font pas partie de la parapsychologie les publications ou les descriptions ne respectant pas les codes épistémologiques de la science et relevant généralement de la superstition, de la croyance populaire ou de la charlatanerie. Cela ne signifie pas que dans ces marais de la connaissance il ne s'y trouve pas un fond de réalité, mais tout simplement que les informations supposées factuelles n'ont pas encore atteint un statut scientifique.


On a relevé au départ quatre catégories principales de phénomènes psi :
la télépathie, la précognition, la clairvoyance et la psychocinèse.

La télépathie est une communication quasi simultanée de deux psychismes ou un observateur humain et des organismes vivants. par des voies inconnues ou inexplicables. On peut la considérer comme une transgression aux données spatiales de la théorie de la communication, car le délai de connexion est indépendant de la distance qui sépare l'emetteur du récepteur.

La précognition est une reception de données relatives à des évènements futurs et excluant toute inférence à partir de données actuelles. C'est une transgression temporelle à la théorie de la communications qui repose sur le postulat d'un support matériel au message, matérialité exclue par l'infraction aux lois de la relativité. les phénomènes précognitifs sont relevés chez les chiens réagissant à des événements concernant leur maitre, ou chez les animaux de ferme avant une catastrophe telle qu'un tremblement de terre, "main verte" etc.

La claivoyance * est la prise directe d'un évènement, d'un objet... en dehors des contacts sensoriels habituels. Différents phénomènes peuvent se rapporter à la clairvoyance, incluant la psychométrie (clairvoyance effectuée avec le support d'un objet), claivoyance d'un lieu éloigné (le sujet décrit le lieu comme s'il s'y déplaçait).

* définition adressée par Mario Varvoglis.

La psychocinèse (ou psychokinèse) est l'action par des voies inconnues, du psychisme humain sur des animaux, des végétaux ou des objets inertes. Citons le poltergeist ou déplacement d'objets, la marche sur le feu des gourous indiens, les guérisons miraculeuses vraies ou supposées. Il faut ajouter à ces trois catégories des phénomènes tels que la clairvoyance, ou communication par des voies inconnues entre un psychisme humain et des événements matériels. En marge du paranormal on peut citer des pratiques considérées comme irrationnelle astrologie, graphologie, homéopathie, acupuncture fourrées dans la poubelle de la pseudoscience. En revanche des parapsychologues s'interessent à des cas guère plus probants comme les états proches de la mort ou l'influence de la prière sur la guérison des patients hospitalisés.


La préhistoire de la parapsychologie
De tous temps les phénomènes psi ont été observés par les populations et leur caractère inexplicable leur a conféré une aura miraculeuse. En l'absence de toute explication rationnelle on a postulé une origine divine, démoniaque, ou toutes sortes de constructions imaginaires comme l' "astral", équivalent psychologique du phlogistique des premiers chimistes et de l'éther des physiciens. A partir de ce jugement on a déduit des inférences pseudothéoriques : ondes, mauvais oeil, sorcellerie, magie et inventé des faits confortant ces inférences : tables tournantes, sourciers, divinations, boule de cristal et autres prédictions. Les falsifications commises par des gourous, des charlatans, voire des institutions religieuses profitant de la crédulité générale ont envahi l'imaginaire populaire pendant des millénaires et ruiné durablement la crédibilité de toute observation relative aux phénomènes psi. La préhistoire de la parapsychologie prenant à rebours la séquence normale épistémologique faits-inférences-jugements et aggravée par la présence répétée de fraudes, exploitation de la crédulité de scientifiques comme le prix Nobel Richier, théories fumeuses et ésotérisme de mauvais aloi, se réduit à un immense phénomène de désinformation.


Les débuts de la parapsychologie. Le stade qualitatif.
Bien que des physiciens comme Pierre et Marie Curie, se soient montrés intrigués et interessés par les phénomènes psi, ce sont les psychanalystes qui décrivent objectivement ces phénomènes. Freud publie des travaux sur la télépathie. Jung témoigne de l'existence fréquente de la précognition. Incapable de l'expliquer, il déguise son incapacité en un principe tautologique : la "synchronicité". Les phénomènes qui font appel à ce principe échapperaient à la loi de cause et d'effet.


Malheureusement, pour sérieuses et crédibles qu'elles fussent, les données avancées par les psychanalistes les plus réputés, n'étaient pas acceptables par le milieu scientifique de l'époque, car elle n'étaient ni reproductibles, ni encore moins quantifiables. Ces phénomènes étaient spontanés, non répétitifs, et ni prévisibles, ni observables en laboratoire, critères encore admis aujourd'hui par l'orthodoxie scientifique. D'où l'apparition d'une
désinformation primaire. En l'absence d'une théorie et d'un protocole expérimental conformes aux postulats de l'époque, les scientifiques déclarèrent unanimement que les observations de Freud et de Jung étaient non recevables et on fit le silence sur les anomalies qu'elles métaient en évidence au lieu de s'interroger sur leur signification. Comme le relèvent toutes les thèses sur le rejet de la parapsychologie, l'establishment scientifiquement correct commit la même inversion épistémologique que les charlatans qu'il condamnait. En partant d'un jugement de valeur négatif à priori sur l'existence, ou l'intérêt des phénomènes psi, ils en inféraient la nullité des travaux et de ceux qui les entreprenaient, ce qui entraînait obligatoirement la réfutation de toute information factuelle de provenance suspecte.

Leur erreur provenait de ce que si les phénomènes psi ne sont pas reproductibles en laboratoire ni prévisibles (ce qui est le cas des tremblements de terre ou des chutes de météorites), ils sont néanmoins observables car à condition d'accéder à l'inconscient du psychisme, ce qui explique que les psychanalistes aient été les premiers à rencontrer fréquemment ces phénomènes, sans l'avoir prévu ni recherché.


Le désinformation primaire a frappé en France tous ceux qui faisaient état de phénomènes ne cadrant pas avec les postulats de l'establishment : notamment la mesurabilité, la reproductibilité, et l'adéquation à un modèle admis. L'exemple de l'Académie des sciences niant sous la présidence de Fontenelle l'existence des météorites et qualifiant de falsifications les échantillons rapportés par les observateurs bretons, est célèbre. Le postulat de reproductibilité perdure encore de nos jours bien qu'il soit réfuté par la physique quantique, et continue à servir d'argument à charge contre les parapsychologues en dépit des efforts couronnés de succès de ces derniers pour s'y conformer.


Le stade quantitatif, et ses pionniers : Soal, Urban, J.B.Rhine, les universités d'Utrecht et Duke en Caroline du nord.


E pur si muove!
Protestation indignée attribuée à Galilée.


Après la seconde guerre mondiale, la doctrine behavioriste qui sévit aux États-Unis évacue l'introspection et l'observation clinique au profit de la théorie Stimulus-Réponse. C'est l'époque de Hull, Skinner et Tolman, où sous couvert de pureté scientifique et d'orthodoxie expérimentale, fleurissent les articles académiques les plus délirants. On estime souvent aujourd'hui que les thèses béhavioristes relèvent de la pathologie mentale, en oubliant leur domination absolue comparable à celle de la refléxologie pavlovienne chez les soviétiques. Frappés par l'excomunication des phénomènes psi, les chercheurs qui ont compris que malgré tout la terre tourne autour du soleil, décident de répondre aux dogmatiques en se plaçant sur leur terrain. Ils se plient aux protocoles expérimentaux rigoureux, se figurant qu'ainsi ils pourront être acceptés et attirer de la part de la communauté scientifique l'intérêt une reconnaissance officielle attestée par la publication dans les revues officielles. De celle-ci dépend l'octroi des crédits nécessaires pour avancer dans la connaissance.


Le génie de Rhine le fondateur de la parapsychologie expérimentale, a été d'appliquer la méthode statistique à la démonstration des phénomènes psi. Elle permet ainsi, en détectant des communications télépathiques échappant à l'observation directe, de démontrer statistiquement leur existence.
Note. Rhine a eu l'idée d'utiliser une série de cinq symboles imprimés sur des lames de carton, ou cartes de Zener. Un opérateur bat les cartes et les visualise au fur et à mesure. Le récepteur qui se trouve hors de portée de l'opérateur, se concentre et essaye de deviner les cartes. Une horloge rythme la sortie des cartes ce qui permet de comparer les séquences démission et de réception et d'étudier les corrélations. Infatigablement les expériences sont répétées par de nobreux expérimentateurs dans le monde et des millions de tirages sont effectués. Non seulement la comparaison des séquences démontre l'existence de communications siimultanées, indépendantes de l'éloignement de l'émetteur et du récepteur, mais dans certains cas la réception précède la réponse, bizarrerie rejetée avec horreur par Einstein, qui se basait sur ses conséquences pratiques pour soutenir l'existence d'une vitesse limite de 300.000 km/seconde.


Les protocoles de Soal basés sur ceux de Rhine ne sont pas moins rigoureux que ceux en vigueur en psychologie expérimentale, et respectent les critères épistémologiques de reproductibilité, de falsifiabilité et de quantification. Les protocoles sont publiés et il suffit de les tester. Mais Soal ignore les mécanismes de la dissonance cognitive et sous-estime la puissance de la désinformation. Il croit naïvement à l'objectivité scientifique. Il a beau multiplier les précautions méthodologiques, on continue à l'accuser d'autosuggestion et d'amateurisme au mieux, de fraude, au pire.

Un scandale a frappé Levy, un assistant de Rhine, et on ne sait au juste, si Soal lui-même n'a pas sollicité les résutats scientifiques. Les soupçons qui pèsent sur Soal et l'assistant de Rhine, sont les deux seuls cas connus en parapsychologie et ont été émis, non par les zététiques, mais par les chercheurs en parapsychologie; ce qui prouve qu'ils sont capables d'introduitre eux mêmes des systèmes de contrôle et d'auto-régulation. La mauvaise foi est attestée par l'absence de critiques constructives à propos d'expériences qu'on n'a pas pris la peine de refaire pour les falsifier. L'aberration atteint son point culminant avec Brown qui incapable d'invalider les preuves basées sur le calcul des probabilités, en déduit que ce dernier est défaillant sans se rendre compte qu'il dénie ainsi toute validité tous les travaux scientifiques reposant sur la méthode statistique!

Son argument est d'ailleurs invalidé par les expériences de Urban. Ce médecin autrichien constate que les écarts par rapport au calcul des probabilités peuvent être négatifs, c'est à dire que le récepteur évite de mentionner la carte juste. Or ces écarts, dont l'amplitude démontre l'existence des phénomènes psi sont soumis à un effet de déclin résultant de la fatigue du sujet, ce qui exclut toute singularité statistique. Mieux encore, ces écarts sont positifs chez les schizoïdes, négatifs chez les paranoïdes, et sont influencés par l'injection de drogues comme l'insuline.

Au lieu d'ignorer les critiques de mauvaise foi et l'existence de la désinformation, et se concentrer sur l'exploration des phénomènes et la construction de ces modèles théoriques sans lesquels nulle science ne peut avancer, les malheureux parapsychologues s'acharnent à affiner leurs protocoles, frappés par un complexe d'infériorité. On arrive au paradoxe que l'on retrouvera plus bas : les psychologues officiels dénient la validité de protocoles bien plus rigoureux que ceux qu'ils appliquent dans leurs laboratoires!


Les applications militaires
Un des critères académiques souvent retenus pour officialiser des travaux, est leur fécondité. Ils doivent démontrer leur utilité, soit en expliquant des anomalies par des modèles acceptables par l'establishment, soit en menant à des découvertes pratiques. Or aucun parapsychologue ne peut satisfaire ces critères. Culpabilisés par l'accusation d'impureté épistémologique, comme Lady Macbeth ils essayent d'effacer une tâche imaginaire. Cette obsession détourne leur attention de l'effort théorique nécessaire qui pourrait faire avancer les recherches et conduire à des applications concrètes. Aucun parapsychologue ne s'en préoccupe et il faut reconnaître que le manque endémique de budgets, ne favorise pas la prospective. Pourtant il n'est pas difficile d'imaginer les incidences des découvertes potentielles sur la médecine, le marketing, ... et les communications.


Ces incidences ont été fort bien comprises par les militaires des deux blocs antagonistes. Les russes ont hérité aujourd'hui de l'avance des soviétiques ainsi que le montrent les récentes publications sur l'effet Ganzfeld. Les américains n'ont pas hésité à teste la télépathie sur des sous-marins et les astronautes. En effet il est impossible de communiquer par des moyens normaux dans les profondeurs de l'océan et sur la face cachée de la lune. Leurs découvertes ont été soigneusement cachées au public civil et protégées par une désinformation primaire.


Un exemple de désinformation est l'affaire des sous-marin. Le protocole et l'expérimentation, sont confiés en 1974 au Stanford Research Institute. On annonce à la presse que les essais ont échoué. J'ai eu connaissance du rapport et cela n'est pas faux. En effet la corrélation entre les dessins effectués sur le sol par des émetteurs, et ceux reçus par les récepteurs au fond de l'océan n'est que .75. Cela rend toute communication impossible, la fiabilité étant notoirement insuffisante d'après les exigences défense. Mais l'échec pratique est une verification éclatante de l'existence de la télépathie.


Le stade technologique et la situation actuelle
Un cycle vertueux se met en place lentement et fait évoluer la situation de la parapsychologie. Un nombre croissant de chercheurs sérieux beneficient du soutien d'institution réputées et des bugets correspondants. L'avènement de la haute technologie permet d'atteindre des niveaux du plus haut standard scientifique en matière de reproductibilité, et predictabilité et de quantification. Ces travaux entrainent une adhésion croissante des milieux scientifiques qui libèrent de nouveaux budgets.


Deux voies High Tech ont permis cette évolution favorable : l'informatique et la physiologie. La première a permis un chronométrage extrêmement précis et l'automatisation des observations excluant progressivement l'incidence de l'observateur et les contingences reprochées aux travaux des pionniers et un recours plus raffiné au calcul des probabilités. La seconde introduit des protocoles introduisant des conditions nouvelles telles que la déprivation sensorielle ou la mesure de la conductivité de la peau qui permettent d'enregistrer des communications psi de très faible amplitude échappant totalement à la conscience des sujets testés. À ce niveau de précision, les phénomènes psi apparaissent non pas comme l'apanage de sujets hyperdoués, mais comme une constante du vivant.

Le prix à payer, souligné avec force par les chercheurs, est la parfaite inutilité pratique de ces découvertes, ce qui les distingue des prétentions des charlatans et des escrocs, vivant de la crédulité toujours répandue dans le public.


Une découverte particulièrement impressionnante a été l'influence des émotions collectives de haute intensité sur les générateurs de nombres aléatoires. (GNA, en américain RNG, Random Numbers Generator). Ces derniers sont des sortes de roulettes de Monte Carlo, dont la boule tomberait sur le rouge (le 1) ou le noir (le 0) plusieurs fois par seconde. Au bout d'un temps assez court, les résultats se stabilisent à 50/50, ce qui correspond à l'entropie maximale caractéristique des nombres aléatoires et prédite par le calcul des probabilités. Mais lorsque des évènements exceptionnels surviennent drainant l'attention passionnée de millions de gens, les générateurs de nombres aléatoires de la région touchée sont perturbés. La déviation de l'état d'équiprobabilité correspond par définition, en théorie de l'information, à une baisse d'entropie, c'est à dire à l'émission d'une information.

Par ailleurs, plus l'émotion est forte et apparait simultanémént dans un plus grand nombre de sujets, plus la perturbation est importante. Or l'avènement des mass média et leur concentration croissante, crée des noyaux émotionnels d'une densité extrême. L'effet de cohérence entre les émotions et leur simultanéité est comparable à un effet laser. C'est la conséquence de l'ubiquité des communications télévisées, la simultanéité et l'identité de leur message, le conditionnement d'un public de plus en plus vaste, entraîné de réagir d'une manière prévisible à un évènement télévisé.

La méthode consiste à superposer les enregistrements télévisés à la courbe des variations de l'entropie des RNG. La précision est stupéfiante et les corrélations très élevées. Des RNG répartis dans des universités et des observatoire du monde entier, enregistrent sans discontinuer les variations d'entropie et les résultats sont centralisés à l'Université de Princeton. Essayons d'imaginer les variations d'entropie lors des évènements du 11 Septembre 2001! Le phénomène est du même ordre que la relativité ou la non séparabilité quantique. On ne l'observe pas dans la vie courante et un individu isolé ne peut influencer la roulette dans un casino! Mais dans les conditions de l'expérience on se trouve dans une situation de déferlement (ou de catastrophe selon la définition de Thom).

Apparaissent des discontinuités statistiques dues à la présence concomitante de "noyaux émotionnels" d'une extrême densité spatio-temporelle dues à la rapidité et à la cohérence des communications touchant un nombre considérable de gens fanatisés (Les mass média s'efforcent d'accroître le taux d'adrénaline par des procédés de suspens et de dramatisation), et d'instruments de mesure permettant de mesurer des perturbations de très faible amplitude. On ne peut qu'évoquer la métaphore citée plus haut. Les étoiles de masse importante entraînent une courbure de l'espace et la déviation de la trajectoire des rayon lumineux. Lorsque la densité devient extrême, la lumière est happée dans les noyaux et n'en sort plus. C'est le cas des trous noirs. L'équivalent émotionnel des trous noirs, est la concentration extrême des médias constatée par Zinoviev et propre au XXIe siècle, provoquant des phénomènes de perturbations de la théorie de l'information classique, tenant compte de conditions normales.


Une autre série impressionnante de travaux est particulièrement développée en Russie et en France. Elle consiste à programmer des robots par des programmes dépendant de générateurs de nombres aléatoires. Ces automates évoluent dans une enceinte close munie d'une paroi transparente. Dans des conditions normales leur trajet couvre d'une manière aléatoire et homogène toute la surface de l'enceinte. Mais si l'on rassemble derrière la vitre des poussins d'oie, les robots se rapprochent des poussins. Tout se passe comme si les poussins prennent le robot pour leur mère, ce qui est d'ailleurs conforme aux données de l'éthologie. Ce qui est moins conforme, est la capacité d'influencer les GNA de façon à obtenir la déviation désirée de trajectoire. Des expériences analogues ont été effectuées sur des rats, à Toulouse. Leur réussite a entraîné la suppression des maigres budgets alloués par les instances officielles.


Il n'est plus possible aujourd'hui de contester la validité de ces recherches, et les parapsychologues "sérieux" possèdent leur revues légitimes à l'image du milieu académique qui les contestes et filtrant les recherches selon leur conformité aux critères académiques admis! On distingue donc le "mainstream", l'establishment scientifique, du "fringe" ou sont rassemblés les amateurs et les marginaux.


La désinformation secondaire Or, comme nous l'avons signalé, la France occupe une place singulière dans ce domaine. Alors que le monde anglo-saxon reconnaît la légitimité d'études menées au sein de nombreuses universités et centres académiques reconnus, la France refuse toujours à reconnaître la parapsychologie avec pour conséquence le faible standard des publications, non pas faute de talent mais faute de moyens. Il en résulte que pour effectuer un travail sérieux il faut s'expatrier, et pour le publier, il faut bien maîtriser l'anglais. Le retard ainsi pris par notre pays sera irreversible dans les prochaînes années. C'est ainsi que la France a perdu la bataille de la microinformatique et est en train de perdre celle des OGM, entraînant à sa suite l'Europe continentale. L'Angleterre et la Russie en revanche, se distinguent par la qualité de leurs travaux.


Cela ne signifie nullement, que en dépit des acquis, la parapsychologie soit reconnue. Dans le monde entier des revues scientifiques établies et une partie importante du milieu académique continue d'ignorer et de nier les progrès réalisés. Pis encore elle propage de la désinformation à l'état pur, en cantonnant la parapsychologie à l'image que s'en fait la population, et en ne citant que les pratiques de charlatans tout en taisant celles des chercheurs universitaires confirmés. On ne ment pas franchement, on tait, ce qui est le propre de la désinformation. Cette désinformation est secondaire car elle s'attaque aux auteurs qui voudraient dénoncer la désinformation primaire, celle qui a entravé les travuax initiaux de Rhine ou de Soal et qui a discrédité des Freud ou des Jung.


Si le conformisme se compare à un noyau scientifique à haute densité, et la courbure de l'espace à la désinformation frappant la trajectoire des rayons lumineux qui véhiculent les données, le nombre et la puissance des stéréotypes universitaires dans le monde joue le même rôle que les étoiles des galaxies. Elle désinforme le public et cet effet se manifeste par deux conséquences néfastes. Elle continue à priver de budgets et de chercheurs un domaine notoirement sous-équipé. Elle contraint les chercheurs à se conformer à un protocole restrictif calqué sur l'académisme et entravant toute créativité. Les enquêtes ont montré que seules les expérimentation à bases statistiques et quantitatives bénéficiaient d'une appréciation majoritairement favorable des milieux scientifiques, au détriment des observations qualitatives nécessaires pour stimuler l'imagination et suggerer des modèles explicatifs. Il va sans dire que la France n'est pas concernée par ces réflexions. L'establishment scientifique et universitaire est d'une telle cohérence que tel un trou noir il supprime purement et simplement la connaissance. Le savoir est happé et n'en sort plus.


Les protocoles qualitatifs et la désinformation qui s'y attache
Une caractéristique des protocoles scientifiques quantitatifs est qu'ils payent leur reproductibilité et leur universalité un très faible rapport signal/bruit. Le signal est trop faible pour être perçu directement par l'expérimentateur et il est tributaire non seulement d'instruments de mesures très élaborés, mais aussi de calculs statistiques dont la pertinence peut être mise en question. Instruments et calculs affaiblissent la réalité en la filtrant ainsi que l'a montré d'Espagnat et que l'a prouvé la physique quantique.


Une autre voie, est l'observation clinique de cas exemplaires portant sur des sujets exceptionnels ou des conditions exceptionnelles. Dans ce cas le rapport signal bruit est tellement important, qu'un appareillage sophistiqué et des calculs complexes, ne sont plus nécessaire pour le mettre en évidence. En revanche on ne peut prédire à l'avance la réussite.


Le cas Eccles.

La réussite la plus spectaculaire de la méthode clinique a été la mise en évidence de la séparation esprit-matière par Sir John Eccles. Dans le dogme réflexologique et réductionniste, toute action humaine est conditionnée par l'occurence de signaux extérieurs. Le libre arbitre n'existe pas et il n'existe pas une conscience non biologique qui puisse intervenir sur la matière, via le système biologique. Nous ne sommes qu'un sac d'organes empli d'hormones ou un ordinateur autoprogrammé. Le champ de conscience n'est qu'un épiphénomène. Or sir John Eccles a fait des expériences sur le cortex de patients trépanés et non endormis. En leur demandant par exemple de lever le bras à une heure précise, ils commandaient à leur volonté cet acte. Les mesures de l'activité corticale montre que dans le rapport Stimulus-Réponse, le stimulus neurologique est totalement absent. Le message "lever le bras" ne part pas d'un ordre biologique mais d'une volonté du conscient ne laissant aucune trace dans les mesures biologiques.


Mieux encore, Eccles nous propose une explication qui résoud le dilemme dualiste esprit-matière. Il fait l'objet du premier chapitre du traité de psychologie expérimentale, par Piaget. On peut le formuler comme suit: si l'esprit est immatériel, comme le suggère la parapsychologie qui affirme l'existence objective de transmissions plus rapides que la lumière, comment peut-il interagir avec un corps matériel? Eccles a découvert que les réponses biologiques dépendaient de la production de molécules inhibitrices ou excitatrices, ou exocytose. Or au niveau des "dendrons", se trouvent des sortes de roulettes de Monte-Carlo dans lesquelles les boules seraient remplacées par ces molécules. Normalement le calcul des probabilités prédit l'équiprobabilité à notre échelle d'observation et l'inertie. Si les ordres immatériels émanant de notre conscient modifient l'exocytose sans exiger d'échange d'énergie ce ne peut être que par une action sur les probabilités qui ne peut être envisagée qu'au niveau quantique. Or les molécules libérées par l'exocytose ont une masse de l'ordre de 10-4 grammes, soit au dessous du seuil quantique. À ce niveau de résolution les phénomènes quantiques apparissent : non séparabilité, modification du calcul des probabilités, indétermination etc. La découverte de Eccles, en dépit de son importance, demeure inconnue du grand public et de l'élite cultivée et le savant a eu le plus grand mal de la publier en France. Elle n'est pourtant pas une de ces révélations douteuses que peuvent commettre les scientifiques les plus renommés, elle lui a valu le prix Nobel!


Le cas Sheldrake. Rupert Sheldrake est l'auteur très contesté de protocoles démontrant l'existence d'anomalies scientifiques qui lui ont valu l'exclusion de l'establishment scientifique. Ces anomalies sont détectées non pas par des méthodes quantitatives en laboratoire réservées aux seuls spécialistes, mais par des dispositifs accessibles au grand public, reproductibles et contrôlables. Contrairement aux parapsychologues du "mainstream" qui chassent des phénomènes de très faible amplitude et très répandus, Sheldrake sélectionne avec soin les cas en fonction de leur forte amplitude et les enregistre avec une caméra lorsqu'ils se présentent. Les protocoles consistent non seulement à les fixer sur film, mais aussi à imaginer des conditions où on les force à se manifester d'une façon visible à tous sans qu'il soit besoin de recourir à des appareillages sophistiqués ni à des calculs compliqués. On se doute que cette convivialité n'est pas pour plaire au "mainstream" officiel ni même celui des parapsychologues.


Une autre raison de l'opposition que rencontre Sheldrake, est que contrairement aux parapsychologues, il a recours à une démarche hypothético-déductive et s'appuie sur une théorie bien articulée, celle dite " des champs morphogénétiques".

Cette théorie est féconde dans la mesure où elle permet non seulement d'expliquer les anomalies mais aussi de prévoir les conditions de leur occurrence et de bâtir des expériences falsifiables. Reproductibilité, falsifiabilité, protocoles déclarés autant de critères d'acceptabilité. Le moins que puisse faire la communauté scientifique avant de le condamner, est de répliquer les expériences afin de prouver leur échec. Mais la désinformation consiste précisément à ne jamais faire une contre-expertise qui pourrait confirmer le point de vue adverse. Sous ce point de vue, Henri Aspect, appliquant le protocole de Bertrand d'Espagnat a été exemplaire. Il voulait démontrer en tant que communiste, que Einstein avait raison et Planck avait tort. L'expérience qui porte son nom prouva qu'il avait tort. Le principe de falsifiabilité démontra sa valeur épistémologique. Aspect méritait un prix Nobel. Il ne l'obtint jamais.


Voici deux exemples d'expériences de Sheldrake.


1. Le chien affectionné.

Le chien en question était connu pour pressentir l'arrivée de son maître dès qu'il se trouvait à quelques minutes de la maison. Un caméra munie d'un compteur chronologique enregistra le chien dans le salon que son maître allait quitter. Un expérimentateur muni d'une caméra portative, munie d'un compteur semblable et synchronisée avec la première, accompagna le maître dans un périple dans les jardins de Vienne, siège de l'expérience. Il est interrompu par un appel téléphonique passé à un moment choisi au hasard, provenant d'un autre expérimentateur et ignoré des deux hommes. Ces derniers prennent un taxi pour entrer et le chien fait la fête à son maître ... dès que la décision est prise de rebrousser chemin et se trouve à dix minutes de taxi de la maison. Un montage montre sans discontinuer et simultanémént, le compteur chonométrique, les images du chien dans le salon et les déambulation de son maître et de l'opérateur.


2. Le texte biblique.

Alors qu'une simple répétition de l'expérience précédente prouve l'existence de la télépathie, en revanche celle du texte biblique met en relief un phénomène nouveau, découvert par Sheldrake. La théorie des champs morphogénétiques de ce dernier a été inféré à partir du comportement de certains animaux, et d'une constation inexpliquée mais confirmée par les chimistes. Lorsque l'un deux parvient le premier, au bout de longs et laborieux effets à faire cristalliser une molécule, tous les laboratoires du monde constatent que la masse colloïdale du produit cristallise au même moment. On a avancé l'hypothèse d'un germe cristallin transporté par le vent jusqu'à des laboratoires clos et distants à des centaines, voire des milliers de kilomètres. Sheldrake a émis celle que lorsqu'un évènement est fortement chargé de sens et d'émotion, et/ou est soumis inlassablement pendant des années par un nombre très important de récepteurs, il oriente l'espace de phase et modifie le calcul des probabilités. La présence d'une forte motivation, chez un grand nombre d'individus aurait pour effet d'abaisser l'entropie. Cette théorie rend compte de l'effet mis en évidence par les RNG. Sheldrake a imaginé des expériences simples applicables par tous les scientifiques, et invite ces derniers à faire preuve d'imagination pour les conforter. Il existe même un prix attribué aux meilleurs. Dans le cas présent, on montre à des individus ne connaissant pas l'hébreu, disons des esquimaux, deux textes en les informant que l'in d'eux est sacré et en leur demandant des le désigner d'instinct. La théorie prévoit que la probabilité que le texte biblique chargé d'une intense signification déforme l'espace de phase, ici, le champ morphogénétique. En d'autres termes, il émet des "ondes de forme". L'entropie doit donc diminuer et il devrait avoir une corrélation supérieure à .50 entre le texte biblique et celui désigné par les sujets de l'expérience. Toute cellule de recherche peut à peu de frais reproduire l'expérience.


Est-il besoin de dire que l'establishment scientifique s'est soulevé contre l'impureté des protocoles, au lieu de les falsifier, et a frappé d'excommunication l'auteur, dont la notoriété est assurée, mais le statut scientifique ruiné?


Un témoignage personnel. Je ne m'interesse pas à la parapsychologie, l'ésotérisme me répugne et j'ai horreur des charlatans mediumniques ou devins, non seulement parce qu'ils exploitent la crédulité du public, mais à cause du climat morbide qu'ils entretiennent. Cependant j'ai été sensibilisé par hasard dans mon adolescence aux anomalies psi. Je me suis interessé en effet de près au comportement des êtres vivants avant les éruptions volcaniques et les tremblements de terre.

Le chien de la montagne Pelée

Notamment la catastrophe qui devait ensevelir la montagne Pelée sous une chape de lave fut précédée d'une accalmie d'une nuit, succédant à des semaines de signes avant-coureurs. Les autorités désinformèrent les habitants en les rassurant de peur qu'ils ne quittent la ville et ne puisse êtres présent pour l'élection du gouverneur! Mais ce qui me frappa fut moins la crédulité incroyable du public, que le comportement des animaux, qui donnèrent pendant les heures calmes précédant l'éruption, des signes de panique extrême. En étudiant de près les témoignages très nombreux sur ces journées tragiques, j'en vins à la conclusion qu'il était tout à fait improbable qu'il n'y ait pas de corrélation étroite entre la catastrophe et le comportement des animaux. La réponse précédait le stimulus! J'en parlai plus tard à mes professeurs et mes collègues, mais ceux-ci ne témoignèrent aucune curiosité et plus tard, me conseillèrent de porter mes regards ailleurs.

Le livre d'Amadou

C'est le moment où parut le livre d'Amadou : la science est le paranormal, exposant les expériences de Soal, d'Urban et de Rhine et j'en tirai les trois conclusions suivantes:

1. Il était tout à fait improbable que tous ces chercheurs aient falsifié constamment toutes les expériences. La meilleure réponse pou s'en assurer, était de les reproduire, ce qui a été fait des milliers de fois dans le monde, toujours avec des résultats équivalents. Je faisais moi-même mes études de psychotechnicien et j'étais bien placé pour connaître les erreurs méthodologiques des tests admis par les béhavioristes.

2. L'existence de ces anomalies heurtaient le sens commun comme les esprits restés à la vision du monde du XIXe siècle, ce qui était le cas des psychologues et des psychotechniciens. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Planck et Einstein étaient connus, comme Picasso et Kandinsky, mais les gens vivaient comme si la relativité, la physique quantique, le cubisme et l'abstraction n'existaient pas. Pour désigner quelque théorie incompréhensible et un peu loufoque, on disait c'est de l'Einstein, c'est du Picasso. La théorie quantique confirmait l'existence de lois en accord avec les phénomènes paranormaux mais nul ne s'en souciait. J'écrivis un article sur ce sujet dans la revue Planète consacrée à la parapsychologie, et je projetai de m'interesser à des anomalies qui relevaient de mon domaine : la théorie de l'information et des communications.

3. Le terme de parapsychologie était tendancieux. Lorsqu'une anomalie est constatée dans une discipline, plutôt que d'être rejetée hors des fontières de la recherche, elle doit provoquer une remise en cause radical de tous les postulats en vigueur. Ce n'est pas aux anomalies de s'adapter à la théorie, c'est à la théorie de s'adapter aux anomalies. L'exception infirme la règle, elle ne la confirme pas. L'étude des phénomènes psi était fondamentale en ce qu'ils falsifiaient le paradigme orthodoxe et ainsi forçaient les savants à émettre d'autres hypothèses. Mais les faits étaient trop aberrants pour entraîner un simple amènagement, ils laissaient pressentir une révolution radicale dans notre vision du psychisme humain.


Niels Bohr et Jean Piaget. Le conscient paranormal, et excommunié comme tel

Les deux courants majeurs de la psychologie officielle du XXe siècle ont évacué la notion de conscient, voire même nié son existence.

Les deux courants majeurs de la psychologie officielle du XXe siècle ont été le béhaviorisme et la reflexologie. Ils ont dominé la psychologie expérimentale et exercé un véritable terrorisme. Notamment l'existence des phénomènes de conscience, et en fait du conscient en tant qu'objet d'étude étaient évacués. Pavlov estimait que le conscient était une tare de la bourgeoisie, toutes les actions et les perceptions de l'individu était gouvernés par des réflexes conditionnés. Pour Skinner et Hull, le conscient était un épiphénomène qu'on ne pouvait inférer qu'à partir d'information factuelles, c'est à dire quantifiables, mesurables et reproductibles. De ce fait la psychanalyse, la phénoménologie ou la psychologie de l'art étaient exclues du champ d'étude officiel. David Rapoport, un des plus grands psychologues du XXe siècle d'après Piaget, qui essaya de concilier psychologie et psychanalyse, ne parvint pas à se faire éditer! Ses collected papers ne paraîtront qu'après sa mort. Il y avait de bonnes raisons à cet ostracisme : les éléments du champ de conscience se comportent comme les particules de la physique quantique. Il suffit de l'observer pour les modifier et on ne peut les communiquer sans les alterer. On peut dire que leur réalité, comme celle des quarks ou des bosons est inférée. Mais plusieurs caractéristiques opposent les particules quantiques et les éléments du champ de conscience. Celles-là ne sont accessibles qu'à travers des instruments, leur sens, leur réalité est faible et inférée à partir de la perception que nous avons des résultats d'expériences perpétuellement falsifiées, en revanche, ces réalités faibles sont précisément communicables. Celles-ci ne sont pas accessibles aux instruments de mesures ni communicables, un daltonien ne peut imaginer ce qu'un individu normal perçoit en voyant un Monet, en revanche nous en avons une connaissance directe.


Si les psychologues béhavioristes avaient quelque raison d'écarter de leur champ d'expérimentation une réalité aussi fuyante, ils n'en avaient aucune pour en inférer leur inexistence, ce qu'ils ne cessèrent de proclamer. L'introspection, les cas cliniques, les confessions, les témoignages étaient excommuniés comme relevant de l'imaginaire. Tout au plus les considérait-on comme des réponses verbales. Mais ils ne se rendaient pas compte qu'en agissant d'une manière aussi dogmatique ils s'enfermaient dans un paradoxe insurmontable. Nous ne connaissons la réalité qu'à travers des instruments, des textes, des images, des formules. Mais ces instruments, ces textes et ces formules nous ne les appréhendons que par notre champ de conscience. Si nous nions son existence, tous les résultats scientifiques, y compris béhavioristes, s'effondrent.

En dépit d'une remarque aussi simple, les béhavioristes s'obstinèrent dans leur attitudes et imposèrent leur dogme d'une manière toute médiévale. Un des plus grands chercheurs béhavioristes, Charles Osgood m'avoua qu'il avait dû dans sa théorie de la différenciation sémantique, avoir recours à des contorsions absurdes pour habiller les phénomènes de sens d'un appareil formel acceptable par l'establishment. Aujourd'hui, on commence à apprehender les dégats commis par ces inquisiteurs scientifiques. Deux hommes géniaux devaient affronter le tabou et se servir du caractère irreductible du conscient, non pour l'évacuer, mais pour le questionner.

Niels Bohr
Le premier était Niels Bohr. Il était bien placé pour formuler une remarque d'une évidence aveuglante, et qui aveugla tout le monde scientifique. Le présent n'existe pas pour la science. Il n'est même pas concevable. Il y a bien des relations d'ordre que nous mesurons par des garde-temps : horloges, calendiers ou autres repères, mais la notion de passé et de futur est relative à celle d'un point neutre : le présent, et celui-ci a autant de réalité que l'ici. Pour la science, le présent comme l'ici, est une convention arbitraire, un axiome falsifiable, je puis planter le jalon à ma guise. Aucun instrument de mesure ne peut démontrer l'existence de l'ici et maintenant, sinon par référence à mon champ de conscience. Bohr en déduisit que le présent était généré par le champ de conscience de l'homme et qu'on ne pouvait ni l'intégrer, ni l'évacuer. Notre conscient est donc irréductible à l'univers scientifique tout en entretenant avec lui des relations étroites.

Jean Piaget

Le second était Jean Piaget. Dans son introduction à la bible de l'establihment, le monumental traîté de psychologie expérimental dirigé conjointement avec Paul Fraisse, Piaget commit un acte sacrilège : non seulement il admit l'existence du conscient, mais s'interrogea sur ses relations avec l'univers matériel. Il se demandait comment l'esprit immatériel pouvait communiquer avec la monde matériel (et notamment le cortex). Il exposa deux thèses aussi insatisfaisantes l'une que l'autre.

La première, l'interractionnisme postulait l'existence de particules à la fois matérielles et immatérielles qui établiraient la connexion entre conscient et cortex, le parallélisme écartait cette thèse comme incohérente et admettait franchement la séparation entre les deux mondes. Si les deux communiquaient, cela était dû à un phénomène mystérieux de résonance sympathique. On postulait que lorsque deux systèmes sont isomorphes, en modifiant l'état de celui-ci on influait sur celui-là. Piaget déplorait leur improbabilité, mais les autres thèses étaient impossibles, et quand on exclut l'impossible, l'improbable doit être considéré. L'apport de Piaget consista a prouver les oppositions irréductibles entre l'esprit et le monde matériel.Ses arguments étaient faux mais la conclusion exacte. Piaget ne tenait pas compte des théories du XXe siècle.

Il est curieux de noter que les deux explications trouvaient leur correspondance dans d'autres disciplines. La logique du tiers inclu de Lupasco postule qu'un troisième terme, t, lie a et non-a et s'accorde à l'interractionnisme. Le parallélisme se rapproche de la non séparabilité quantique, et de l'astrologie et du livre chinois des mutations. Ces dernière s'appuie entre l'isomorphisme de leur modèle combinatoire et de leur organisation des évènements-types qui jalonnent l'existence humaine. Quand le modèle subit des modifications, il influe sur le cours de l'existence, le lien étant le parallélisme entre des domaines incompatibles.


Karl Popper
Le troisième fut Sir Karl Popper, le promoteur du critère épistémologique de falsifiabilité. Il était bien placé pour rejeter le dogmatisme matérialiste et réductionniste, enfermant le monde dans les étroits limite des canons expérimentaux. Mais dès qu'il eût admis la réalité du conscient, il dût reconnaître son irreductibilité au monde décrit par la science. La même opposition se présentait, qui affectait les interprétations ondulatoire et quantique d'une réalité incertaine. Incompatibles certes mais toujours transmises par des instruments complémentaires. De même les deux visions : quantifiée et mesurée de la science expérimentale, qualitative et chronocentrique du conscient sont-elles ne sont-elles observables qu'au travers de deux instruments disjoits : les instruments de mesure, l'accès direct par notre introspection. Popper désigna par premier monde et second monde les deux approches incompatibles, et par troisième monde l'interaction entre le monde du conscient et celui de la réalité physique et biologique. Nous sommes aux antipodes du monisme réductionniste d'un Changeux, qui ne voit dans le conscient qu'une émergence du biologique. L'homme neuronal et l'homme informatique sont relégués au cabinet des errements d'une science dévoyée.

Le caractère paranormal du conscient On ne comprend le rejet du conscient que si l'on tient compte de l'intuition aïgue de l'establishment, de son caractère irreductible à la vision matérialiste dominante. Celle-ci est profondément moniste on l'a vu. Le dualisme esprit-matière lui répugne profondément car elle a pour eux des connotations religieuses et philosophiques insupportables. En effet accorder droit de cité scientifique au conscient, c'est admettre des faits incompatibles avec le dogme unitaire. Le champ de conscience se présente en effet comme un agrégat d'éléments qualitatifs, hétérogènes, non transmissibles (lorsque je vois rouge, ce qui circule dans les canaux de transmission, sont des fréquences, des structures quantitatives, des mots, des images, ce n'est pas la connaissance directe que j'en ai par l'introspection. Non seulement les éléments du champ de conscience sont irreductibles les uns aux autres, ni aux descriptions scientifiques, mais ils génèrent le présent, ils oblitèrent le passé et ne peuvent qu'inférer le futur. Ils n'ont ni masse, ni énergie, leur organisation est floue et imprévisible, l'observation directe la perturbe, et l'observation indirecte est impossible.


Les phénomènes paranormaux ne sont que le prolongement du conscient dans l'inconscient. Ils supposent l'existence d'éléments sans masse, sans énergie, pouvant de ce fait voyager dans l'espace temps sans les contraintes relativistes. Comment dès lors s'étonner de l'attitude du monde scientifique pour des phénomènes aussi obscurs et aléatoires que les psi, alors qu'elle n'est pas sonsiblement différente pour l'observation directe de faits de conscience que chacun d'entre-nous éprouve sans relâche. En conclusion, on s'aperçoit que l'excommunication de la parapsychologie revient à excommunier la psychologie au profit de ce que l'on appelle les neurosciences. Cette désinformation est un des faits les plus importants de notre temps.

Note : Le Dr Mario Varvoglis a bien voulu revoir cet article et m'a signalé deux erreurs. LA première est une faute de frappe relative à son nom. La seconde est beaucoup plus curieuse : j'ai remplacé le nom de Sir John Eccles, prix Nobel de biologie du cerveau, que j'ai connu lors de son passage dans mon centre culturel des Capucins par Sir John Estes. Ce lapsus calami est du au fait que je pensais à deux hommes frappés par la conspiration du silence. Le premier est le plus grand des peintres hyperréalistes, Richard Estes. Le second, était Billie Sol Estes, le dernier témoin à charge contre le président Johnson, et qui est passé à la trappe dans l'édition officielle de Virus. Le piquant dans l'histoire est que sur le document original attribué à Bronstein, c'est l'erreur en sens inverse qui est commise : c'est Sir John Eccles qui remplace le personnage douteux Estes!